CPU, RAM, ROM, chipsets spécialisés — apprends à reconnaître chaque puce sur les cartes mères
des années 80–90 : C64, Amiga, Atari ST, ZX Spectrum, MSX.
Avant d'identifier une puce, il faut reconnaître son type de boîtier.
Les années 80–90 ont vu coexister plusieurs standards d'encapsulation,
correspondant à des époques et des performances différentes.
DIP (Dual In-line Package)
Boîtier rectangulaire avec deux rangées de pattes verticales. Le plus courant sur les machines 8 bits. DIP-8 à DIP-64. Facile à extraire et remplacer.
PLCC (Plastic Leaded Chip Carrier)
Boîtier carré avec pattes rentrées sous le boîtier. Apparu sur les machines 16 bits (Amiga, C64C tardif). Nécessite un extracteur PLCC spécifique.
QFP (Quad Flat Package)
Boîtier carré avec pattes fines sur les 4 côtés, soudées directement sur le PCB (SMD). Apparu fin 80s, dominant dans les années 90. Requiert une station à air chaud pour dessouder.
SOP / SOIC
Version SMD du DIP — pattes sur 2 côtés, plus petites. Courant pour les mémoires et la logique standard des années 90.
ZIP (Zigzag In-line Package)
Pattes en zigzag sur un seul côté. Utilisé pour certaines RAM video (ex : Amiga Chip RAM sur A500+). Rare mais caractéristique.
Comment lire le marquage d'une puce :
Ligne 1 : fabricant (MOS, Motorola, Zilog, Texas Instruments, NEC…)
Ligne 2 : référence du composant (ex : 6510, 4164, 8520)
Ligne 3 : code date de fabrication (AASS = AA → année, SS → semaine)
Lettre suffixe : vitesse ou variante (ex : -12 = 120 ns pour RAM)
💡 Datasheets en ligne — Tous les composants des années 80–90 ont leurs datasheets disponibles gratuitement sur datasheetarchive.com, alldatasheet.com ou chipdb.org. Tape simplement la référence pour obtenir le schéma de brochage complet.
ÉTAPE 02
Le processeur — 6502, Z80, 68000
Le processeur principal est généralement la plus grande puce DIP de la carte, ou l'une des plus grosses. Il se caractérise par un grand nombre de pattes.
CPU
Boîtier
Machines utilisatrices
Caractéristiques
MOS 6502
DIP-40
Apple II, Atari 8 bits, BBC Micro
8 bits, bus 16 bits, 1–3 MHz. Marquage "MOS" ou "SY 6502"
MOS 6510
DIP-40
Commodore 64
Variante du 6502 avec port I/O intégré (6 bits). Contrôle les banques mémoire du C64.
Zilog Z80
DIP-40
ZX Spectrum, MSX, Amstrad CPC, CP/M
8 bits, jeu d'instructions étendu du 8080. Marquage "Z80A" (4 MHz) ou "Z80B" (6 MHz).
Motorola 68000
DIP-64 / PLCC-68
Amiga 500/1000/2000, Atari ST, Mac 128k
16/32 bits, bus de données 16 bits. Puissant pour l'époque. Marquage "MC68000" + fréquence (P8 = 8 MHz).
Motorola 68020/68030
PGA / PLCC
Amiga 1200, 4000, Mac II
32 bits complets. Identifiable par le plus grand nombre de broches (114+). Nécessite un cache externe sur certains systèmes.
Repérer le CPU sur le PCB — Le CPU est presque toujours au centre de la carte ou dans sa moitié supérieure. Il est souvent accompagné d'un cristal de quartz (petite boite métallique argentée ou en céramique) qui définit sa fréquence d'horloge. Ce quartz est presque toujours à moins de 3 cm du CPU.
💡 Code date de fabrication — Un 68000 marqué "MC68000P8 8613" date de la semaine 13 de 1986. Ces infos permettent de dater la fabrication d'une machine et d'identifier les révisions. Les puces fabriquées avant la date de commercialisation de la machine sont des prototypes ou des préproductions.
ÉTAPE 03
La mémoire RAM et ROM
La mémoire est une des familles de composants les plus faciles à identifier — elle se présente en rangées identiques de puces similaires.
Reconnaître la RAM dynamique (DRAM) :
Boîtier DIP-16 typique pour les années 80
Organisée en rangées de 8 puces identiques (un bit par puce pour 8 bits de large)
Utilisée pour la mémoire vidéo, les buffers, la mémoire de travail sur les systèmes sans DRAM
Sur Atari ST : les 32 puces DIP-16 en rangées doubles sont de la DRAM
Reconnaître la ROM (Read Only Memory) :
Boîtier DIP-24 ou DIP-28, parfois plus grand (ROM 64Ko en DIP-32)
Généralement seule ou en paire — pas en rangée de 8 comme la RAM
Marquage avec le nom du système d'exploitation : "KERNAL", "BASIC", "KICKSTART", "TOS"
Les ROM Amiga Kickstart sont en DIP-40 (deux puces côte à côte sur l'A500)
Les ROM C64 (BASIC + KERNAL + CHARSET) : trois puces DIP-28 distinctes
EPROM vs ROM — Une EPROM (Erasable Programmable ROM) se distingue d'une ROM par sa fenêtre quartz transparente sur le dessus (pour l'effacement UV). Les EPROM sont utilisées dans les prototypes, les mods et les remplacements. Références : 27C256, 27C512, 27C010. Couvre la fenêtre avec du scotch opaque si tu ne veux pas l'effacer accidentellement.
ÉTAPE 04
Les chipsets spécialisés
La grande originalité des micros 8/16 bits réside dans leurs chipsets custom —
des puces conçues spécifiquement pour chaque machine et réalisant des tâches
qu'un CPU seul ne pourrait pas gérer à temps réel.
Son 4 canaux DMA, contrôle des disquettes, ports série/parallèle
DIP-48
POKEY (C012294)
Atari 8 bits / Lynx
Son 4 voix, clavier, série, générateur de bruit pseudo-aléatoire
DIP-40
GTIA (C014805)
Atari 8 bits
Vidéo, sprites (players/missiles), couleurs, détection de collisions
DIP-40
Glue Logic (910014)
Atari ST
Chip de "glue" qui coordonne le bus entre le 68000 et les périphériques
PLCC ou PAL DIP
💡 Identifier Agnus par le boîtier — L'Agnus est reconnaissable à son gros boîtier DIP-48 (48 pattes) sur l'Amiga 500 original, ou à son immense boîtier PLCC-84 sur les révisions 1 MB (8372A "Fat Agnus"). C'est la plus grosse puce de la carte mère dans les deux cas.
ÉTAPE 05
Les connecteurs et bus
Les connecteurs d'extension et les bus d'une carte mère révèlent l'architecture du système et ses possibilités d'expansion.
Bus d'expansion typiques :
Port cartouche C64 — connecteur 44 broches (44 pattes), expose le bus complet du 6510 : adresses, données, lignes de contrôle. Permet l'accès direct à toute la mémoire.
Bus Zorro II (Amiga 2000) — bus d'extension 16 bits, 100 broches, auto-configurable (ancêtre du Plug&Play). Identifiable par les connecteurs à 100 points sur la tranche de la carte.
Port de cartouche Atari ST — connecteur DIN spécifique, plus limité que le bus C64.
Bus ISA 8/16 bits — présent dans les PC XT/AT compatibles, pas les home computers mais très répandu en atelier.
Connecteurs de périphériques courants :
Connecteur
Format
Usage
Machines
Joystick / Manette
DB9 femelle (2 ports)
Joysticks, paddles, souris, manettes
C64, Amiga, Atari
Série RS-232
DB25 ou DIN
Modem, imprimante série
Amiga, Atari ST
Lecteur disquettes
Connecteur DIN 6 broches (Amiga) ou propriétaire
Lecteurs de disquettes 3,5" ou 5,25"
Toutes
Vidéo composite / RGB
RCA (composite), DIN (S-Video), DE9 (RGB)
Connexion moniteur ou TV
Toutes
Bus série IEC
DIN 6 broches propriétaire
Lecteur 1541, imprimante Commodore
C64, C128, VIC-20
Identifier le port vidéo Amiga — L'Amiga 500 propose un connecteur DE23 (23 broches) pour la vidéo RGB analogique. Ce connecteur inhabituel fournit les signaux RGB séparés, sync, et même le signal genlock. Un adaptateur vers SCART ou VGA (15kHz) permet de le connecter à des moniteurs modernes.
💡 Marquages PCB — Les cartes mères rétro ont leurs connecteurs sérigraphiés en clair : "CN1", "J1", "PORT 1 CTRL", "SER", etc. Ces étiquettes sont souvent plus fiables que les documentations de tiers. Consulte les schémas officiels Commodore ou Amiga (disponibles sur amigamanuals.net) pour la cartographie complète.
📦 FICHIER STL — PRÉSENTOIR CARTOUCHES
Presentoir_Cartouches_Retro.stl — Présentoir pour exposer et identifier les cartouches et cartes pendant le diagnostic. Disponible avec abonnement.